Edouard Michael - Edward Michael (1921-2006)

Un grand compositeur ˆ redŽcouvrir

 

 

1 - Musique orchestrale :

2 - Musique de chambre

 

Oeuvres d'Edouard Michael pour grand orchestre :

- La Vision de Lamis Helacim  pome syphonique pour grand orchestre (E. Ricordi)

- La Reine des Pluies  pome chorŽgraphique pour grand orchestre. 8'  (E. Choudens)

- Les ElŽments pour grand orchestre. 11'  (non ŽditŽ)

- Concerto pour violon et grand orchestre. Trois mouvements. 30'  (non ŽditŽ)

- Symphonie pour grand orchestre. Trois mouvements. 30'  (non ŽditŽ)

- Trois Mondes  oeuvre symphonique pour grand orchestre. 14'  (non ŽditŽ)

- Suite Druze trois pices sur des modes anciens pour orchestre, (musique lŽgre)11' (non ŽditŽ)

- La TragŽdie de Masada Evocation historique pour orchestre 33 Ô (non ŽditŽ)

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La Vision de Lamis HŽlacim

Pome symphonique pour grand orchestre 10' - (Editions Ricordi)

2 Grandes Flžtes, 1 Petite Flžte et 3me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en la, 2 Bassons, 1 Contrebasson, 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors,
1 Trombone Basse, Timbales.Percussions (3 exŽcutants) : Xylophone, Tambour de basque, Grand Tam-Tam grave, Cymbales, Triangle, Tambour militaire, Glockenspiel ˆ marteau. CŽlesta, Harpe, Cordes.

Indications du compositeur sur la partition:
Cette oeuvre qui est construite sur des modes exotiques Žvoque la mŽditation d'un mystique oriental sur le sens de la Vie et de la Mort, ainsi que sur l'Žtrange rŽvŽlation qui en est dŽcoulŽe.

Dans une prŽsentation gŽnŽrale du compositeur et de ses oeuvres parue en 1963, la Revue Musique Žcrivait au sujet de cette oeuvre :
"CrŽation par l'Orchestre National de la R.T.F. (direction Manuel Rosenthal). Le sous-titre "La Vision de Lamis Helacim" fait allusion ˆ une expŽrience mystique de l'auteur. C'est une oeuvre ˆ tendances philosophiques o il s'interroge sur le "Pourquoi" de toute chose, sur le sens de la vie et de la mort. La forme de l'oeuvre est ternaire : A B A2. Un thme (A) est exposŽ et dŽveloppŽ, puis employŽ comme Passacaille huit fois de suite (B), la huitime rŽcapitulant l'exposition. Le caractre oriental de l'oeuvre est dž ˆ l'emploi de modes exotiques."

ÒDevant une salle comble, l'Orchestre national prŽsentait hier soir, au thŽatre des Champs-ElysŽes, trois ouvrages nouveaux.Tout d'abord La Vision de Lamis Helacim,  brve page symbolique de M. Edouard Micha‘l, marquŽe d'un sobre orientalisme, qui fut fort applaudie.NŽ en Angleterre, mais d'ascendance orientale, Edouard Micha‘l est dŽjˆ connu du public parisien par une Messe Ñ deux fois donnŽe ˆ la Radio, par une symphonie pour cordes et plusieurs ouvrages de musique de chambre. Ó    Janv 1962 Le Figaro, Dernires minutes.

Extraits des Cahiers Musicaux de la R.T.F. n¡ 7 - 3me annŽe (ˆ l'occasion du concert de janvier 1962) :
"Pour comprendre la portŽe du pome symphonique d'Edouard Micha‘l, "La Vision de Lamis HŽlacim", il faut savoir que, nŽ en Angleterre, mais ayant vŽcu une partie de son enfance ˆ Bagdad et marquŽ par les philosophies orientales, ce compositeur approfondit sans cesse une forme de pensŽe ˆ laquelle il demande son Žquilibre d'homme et d'artiste. L'un des points essentiels de cette pensŽe est la relativitŽ de ce qui nous appara”t comme dŽfinitif, l'interdŽpendance de faits qui, pour nous, sont absoluments distincts, voire opposŽs. Ainsi, la vie est le complŽment, le contraire et peut-tre la justification de la mort, de la mme faon que se succdent le jour et la nuit, l'inspiration et l'expiration. Ainsi, les rythmes profonds qui scandent l'Univers ne sont que l'amplification de ceux qui, ˆ une Žchelle rŽduite dans le temps et dans l'espace, marquent notre propre vie. Un perpŽtuel recommencement na”t de chaque mouvement, et, si la mort succde ˆ la vie, il n'y a aucun doute qu'ˆ son tour, la vie succde ˆ la mort.
Lamis HŽlacim est un penseur hindou qui, obsŽdŽ par le sens de la vie et de la mort, eut une Žtrange rŽvŽlation lui affirmant la continuitŽ de notre condition humaine. Edouard Micha‘l a voulu traduire l'angoisse, la mŽditation, et finalement la rŽvŽlation du sage dans cette oeuvre qui, intitulŽe "Pome symphonique", est en rŽalitŽ la correspondance sensible des rŽsonnances que peuvent crŽer chez un artiste le recueillement et la rŽflexion ˆ propos de tels problmes."La Vision de Lamis HŽlacim" est construite en trois parties encha”nŽes.
Tout d'abord, c'est une page calme et grave qui correspond ˆ la mŽditation orientale sur la vie. Une mesure de silence absolu suit, symbole du temps et de la mort et aussi de la rŽalitŽ. Puis, immŽdiatement aprs vient une passacaille formŽe de huit variations. Les sept premires sont la signification des sept phases du cycle du devenir; la huitime tend ˆ exprimer le mystre qui lie la vie ˆ la mort. La musique suit cette courbe et cette tension Žmotionnelle, en suggŽrant la lutte que doit mener le penseur. Enfin, le dernier volet du tryptique rappelle que la vie revient, et confirme ainsi la rŽgularitŽ et la fatalitŽ immuable du rythme universel."    F.-Y. B.

L'oeuvre a ŽtŽ exŽcutŽe en 1962 par l'Orchestre National de la R.T.F. sous la direction de Manuel Rosenthal.

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La Reine des Pluies 

Pome ChorŽgraphique pour grand orchestre 8'  (E. Choudens)

Grande Flžte, Petite Flžte et 2me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en Si bŽmol,2 Bassons, 1 Contrebasson, 4 Cors en Fa, 2 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors,Tuba, Timbales,Percussions (4 exŽcutants) : Cymbales, Grand Tam-Tam Grave, Grosse Caisse, Tambour militaire, Xylophone, Glockenspiel ˆ marteau, Triangle, Tambour de basque, Vibraphone.CŽlesta, Harpe, Piano, Cordes.

Sur la partition, de la main du compositeur :
Selon un certain culte africain, pendant les pŽriodes de sŽcheresse, la tribu choisit une jeune fille qui est promue "Reine des Pluies". Elle est initiŽe au cŽrŽmonial magique destinŽ ˆ provoquer la pluie.
Ds que tombent les premires gouttes commence une danse rituelle qui devient de plus en plus frŽnŽtique ˆ mesure que l'averse augmente.

L'oeuvre a ŽtŽ exŽcutŽe en 1963 par l'Orchestre de Lille dirigŽ par Raymond Chevreux. La mme annŽe, une autre exŽcution a eu lieu en Australie.

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Les ElŽments

Musique chorŽgraphique pour grand orchestre. 11'  (non ŽditŽ)

Grande Flžte, Piccolo et 2me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en Si bŽmol,
2 Bassons, 4 Cors en Fa, 4 Trompettes en Si bŽmol, 2 Trombones TŽnors, Trombone Basse, Tuba, Timbales,Percussions (2 exŽcutants) : (1) Grand Tam-Tam Grave, Grande Cymbale Suspendue, Cymbale 2 plats, Glockenspiel ˆ marteau, Triangle(2) Tambour militaire, Grosse Caisse, CŽlesta,
Harpe, Piano, Cordes.

Sur la partition, de la main de l'auteur : Musique tonale et directe, ne prŽtendant pas tre ˆ l'avant-garde, mais destinŽe ˆ apporter force et ŽlŽvation ˆ l'auditeur.

Quatre mouvements :
1 - Prithivi - Terre : Pesanteur, lutte, souffrance.
2 - Vayu - Air : SubtilitŽ, invisibilitŽ, mystre
3 - Apas - Eau : FertilitŽ, croissance, jaillissement
4 - Agni - Feu : Force, destruction, inexorabilitŽ.

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Concerto pour violon et grand orchestre.

Trois mouvements 30' - (non ŽditŽ)

Violon solo

Grande Flžte, Piccolo et 2me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en Si bŽmol,
2 Bassons, 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors, Trombone Basse, Timbales,Percussions (3 exŽcutants) :  Triangle, Glockenspiel, Cymbales, Grand Tam Tam Grave, Grosse Caisse, Tambour de Basque, Xylophone, Tambour MilitaireCŽlesta, Harpe, Cordes.

A ŽtŽ jouŽ par l'auteur dans la rŽduction pour violon et piano en 1948.

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Symphonie pour grand orchestre.

Trois mouvements 30' - (non ŽditŽ)

2 Grandes Flžtes, Piccolo et 3me Grande Flžte, 2 Hautbois, 3me Hautbois et Cor Anglais, 2 Clarinettes en Si bŽmol, 3me Clarinette et Basse Clarinette, 2 Bassons, Contrebasson, 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors, Trombone Basse,Tuba, Timbales,Percussions (3 exŽcutants) : Grosse Caisse, Grand Tam-Tam Grave, Triangle, Glockenspiel, Cymbales, Tambour militaire, Tambour de Basque, XylophoneCŽlesta, Harpe, Cordes.

Sur la partition, de la main du compositeur :

Premier  mouvement : La naissance de la vie, sa croissance et ses luttes.a) (Lento espressivo). "Alors que je scrute les brumes de la destinŽe, je vois des puissances mystŽrieuses s'unissant et luttant sans cesse pour devenir "vie". Et soudain, elle surgit triomphalement des brumes ! Une vie est nŽe. Ainsi un miracle s'est accompli.b) (Allegro ma non troppo). Avec ce prodige a commencŽ la croissance de cette vie, avec ses joies, ses chagrins et sa lutte pour l'existence.c) (Lento espressivo). Je projette ˆ nouveau mon regard dans les abysses du Destin et je vois les mmes mystŽrieuses puissances luttant encore pour devenir toujours plus "vie".

Deuxime mouvement : Le monde de l'Inconnu, le monde des mortsJe vois une ‰me qui jadis Žtait "vie". Elle t‰tonne dans l'obscuritŽ, essayant de scruter l'inconnu, et, voyant qu'elle n'y parvient pas, elle se laisse aller ˆ un dŽsespoir sans bornes, se rŽsignant finalement avec une douloureuse impuissance ˆ l'inŽvitable.

Troisime mouvement : L'Espoir et le Doute.Il s'agit d'une luttte entre l'espoir et le doute. Par moments, l'espoir demande : Pourquoi cette manifestation et o mne-t-elle ?" Et le doute rŽpond avec dŽsespoir : "A l'inŽvitable". La lutte se poursuit entre l'espoir et le doute. Finalement, l'espoir s'affirme et l'oeuvre se termine par le triomphe complet de l'espoir sur le doute.

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Trois Mondes  Oeuvre symphonique pour grand orchestre. 14' - (non ŽditŽ)

Trois Mouvements :
1 Ð Du fond des brumes
2 Ð GŽmissements du vent
3 - Rite

Grande Flžte, Piccolo et 2me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en Si bŽmol,
2 Bassons, 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors, Trombone Basse,Tuba, Timbales,Percussions (3 exŽcutants) - (1) :Grand Tam-Tam Grave, Glockenspiel ˆ marteau, Triangle, (2) : Tambour de basque, Cymbale 2 plats, Grande Cymbale Suspendue (3) :Tambour Militaire, Grosse CaisseCŽlesta, Harpe, Piano, Cordes.

Sur la partition, de la main du compositeur : La musique d'aujourd'hui Žtant devenue froide et intellectuelle, je souhaite que cette oeuvre tonale apporte des couleurs musicales et orchestrales stimulant l'imagination et Žveillant un sentiment vivant.

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Suite Druze pour orchestre 11' (non ŽditŽ)

Trois pices sur des modes anciens :
1 - Lamentation d'une veuve
2 - Le Roi et la Bergre
3 - Fte barbare

Grande Flžte, Piccolo et 2me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en Si bŽmol,  2 Bassons,
 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors, Trombone Basse, Tuba, Timbales,Percussions (3 exŽcutants)  - (1) :  Grand Tam-Tam Grave, Glockenspiel ˆ marteau, Triangle (2) : Tambour de Basque, Cymbales 2 plat., Grande Cymbale suspendue (3) : Tambour Militaire, Grosse CaisseCŽlesta, Harpe, Cordes.

Sur la partition, de la main du compositeur :A une Žpoque o la musique est devenue purement intellectuelle, glaciale et mme brutale, je souhaite que cette oeuvre modale, d'une grande simplicitŽ, apporte un peu de beautŽ et d'exaltation aux auditeursLes quintes, quartes et octaves dans l'harmonie sont voulues. Musique lŽgre, descriptive.

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La TragŽdie de Masada  

Evocation symphonique en quatre mouvements pour grand orchestre. 33' - (non ŽditŽ)

1 Ð Les Romains devant Masada
2 Ð Dans l'enceinte de Masada
3 Ð Vents contraires et chute de Masada
4 Ð La nuit du suicide et spectacle tragique de dŽsolation le lendemain

Grande Flžte, Piccolo et 2me Grande Flžte, 2 Hautbois, 2 Clarinettes en Si bŽmol,
2 Bassons, 4 Cors en Fa, 3 Trompettes en Ut, 2 Trombones TŽnors, Trombone Basse,Tuba, Timbales,Percussions (3 exŽcutants)  : Cymbale,  Triangle, Glockenspiel ˆ marteau, Grand Tam-Tam Grave, Grosse Caisse, Tambour de basque, Tambour Militaire Harpe, Piano, Cordes.

Sur la partition, de la main du compositeur :
Cette Ïuvre est construite principalement sur certains modes orientaux et sur les intervalles d'octave, de quinte et de quarte consiŽrŽs comme intervalles sacrŽs dans les civilisations anciennes, notamment en Grce, en Inde et en Extrme Orient. Elle est destinŽe ˆ Žvoquer un sentiment de force, de courage indomptable et de noblesse. (voir ci-dessous le commentaire du compositeur)

L'Ïuvre a ŽtŽ exŽcutŽe par l'orchestre de l'ORTF dirigŽ par Alain Kremski. Elle  fait l'objet d'un disque vinyl ŽditŽ par Montparnasse 2000.

Texte de la pochette du disque vynil, signŽ ƒdouard Micha‘l :
Dans l'ancienne Palestine en 69 aprs JŽsus-Christ, le dernier bastion de rŽsistance juive ˆ la domination romaine se rŽfugia dans la forteresse imprenable situŽe au sommet du Mont Masada, o les soldats, leurs familles, femmes et enfants formaient un nombre total de 960 personnes.Lˆ, ils tinrent en Žchec pendant trois ans les lŽgions romaines de Titus. Les Romains durent construire quatre grandes tours et une rampe d'accs pour atteindre le niveau de la forteresse. Finalement, aidŽs par des vents imprŽvus, ils rŽussirent ˆ incendier les grands portails de bois.Quand les dŽfenseurs de la citŽ virent leur dŽfaite inŽvitable, prŽvoyant le ch‰timent exemplaire qui les attendait pour avoir osŽ dŽfier la puissance romaine, plut™t que de se rendre, ils prŽfŽrrent se suicider collectivement. Chaque soldat exŽcuta tous les membres de sa famille avec leur assentiment, puis tous les soldats rŽunis tirrent au sort pour choisir dix d'entre eux qui mirent ˆ mort tous les autres. De la mme faon, parmi les dix survivants, un soldat fut dŽsignŽ qui tua les neuf autres, et enfin s'immola lui-mme. Le lendemain, quand les Romains pŽnŽtrrent dans Masada, ils ne trouvrent qu'un silence de mort, jusqu'au moment o ils dŽcouvrirent avec stupŽfaction le spectacle tragique qui s'Žtendait devant eux.Si extraordinaire fut le courage des rebelles juifs qu'il gagna l'admiration des Romains eux-mmes qui avourent ne tirer aucune joie de leur conqute et firent aux dŽpouilles des rebelles des funŽrailles de vainqueurs.

Comment j'en suis venu ˆ Žcrire la musique de "MASADA"

J'entendis parler de Masada pour la premire fois par un grand ami ˆ Londres, qui m'offrit un ouvrage illustrŽ. L'histoire de Masada me fit une terrible impression, au point que j'en fus Žmu jusqu'au plus profond de mon tre, avec l'Žtrange certitude.... que je l'avais mystŽrieusement vŽcu auparavant.

Mon ami de Londres me suggŽra d'en faire un opŽra. Et je dois admettre que j'ai ardemment dŽsirŽ tre installŽ quelque part afin de pouvoir consacrer mes Žnergies ˆ cette immense t‰che, mais les problmes que je rencontrais alors dans l'existence ne me permirent pas d'tre suffisamment libre pour m'y atteler.

Peu de temps aprs tre allŽ en Inde, comme m'y appelait le destin, je trouvai suffisamment de temps pour composer une puissante oeuvre symphonique sur Masada.

Il s'agit d'une histoire d'hŽro•sme incroyable, de noblesse d'‰me et de courage inhabituel. Symboliquement, c'est un suicide rituel pour mourir afin de VIVRE ! En vŽritŽ, ils ne sont pas morts, car sur un plan plus ŽlevŽ, ils ont triomphŽ.

En fait, les Romains eux-mmes admirrent tant le courage de leurs ennemis qu'ils avourent qu'il s'agissait d'une dŽfaite pour eux.

Tandis que je composais la musique, j'imaginais ce que cela a dž tre pour cette petite poignŽe de quelques centaines de rebelles d'tre entourŽs par une innombrable armŽe de soldats romains, dŽterminŽs ˆ sauver la face devant un tel dŽfi.

Dans le premier mouvement de cette oeuvre symphonique intitulŽe "LA TRAGƒDIE DE MASADA", j'ai essayŽ de dŽcrire d'un c™tŽ ce qu'a dž tre la force militaire, brutale, impitoyable des Romains, et de l'autre c™tŽ, une poignŽe d'‰mes nobles, luttant pour leur libertŽ et, en rŽalitŽ, symboliquement, pour la libertŽ de toute minoritŽ opprimŽe. Ce premier mouvement, "Les Romains devant Masada" exprime cette confrontation entre un pouvoir brutal et Žcrasant d'une part et une noblesse de coeur d'autre part. On regarde Masada comme d'en bas, depuis l'angle de vue des fŽroces Romains.

Le second mouvement, "Dans l'enceinte de Masada" dŽcrit la vision des assiŽgŽs, regardant le camp romain depuis le haut de la falaise ; c'est une Žvocation d'espace, de beautŽ et de sentiments exaltŽs. A un certain moment, j'amne un thme qui est comme un avant coureur du vent fatal qui sera ultŽrieurement la cause de la chute de la forteresse.

Le troisime mouvement "Vents contraires et chute de Masada" Žvoque l'appel ˆ la bataille, l'assaut furieux, la destruction par le feu de la porte principale, la violence du vent et du feu dŽcha”nŽ.

Le dernier mouvement "La nuit du suicide et spectacle tragique de dŽsolation le lendemain" est divisŽe en quatre sections continues :
a) le conseil et la dŽlibŽration au sujet du suicide, les sentiments des soldats au sujet de ce qu'ils doivent faire, particulirement ˆ leur propre famille.
b) l'acte bouleversant de ce suicide en masse.
c) une musique funŽraire trs noble et d'une certaine faon triomphante alors que les Romains silencieux marchent parmi les cadavres.
d) Les Romains, en dŽpit de toute leur puissance, regardant avec un sentiment de dŽfaite le lieu o la tragŽdie vient de s'accomplir.

J'avoue que lorsque j'ai Žcrit cette musique, je l'ai vŽcue jusqu'au fond de mon tre et je fus mme surpris parfois de me trouver en train de pleurer tandis que je la composais. 
ƒdouard MICHAEL        

 

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